Multiplication des salles et de l’offre, difficultés financières, démissions, lobbying, création de commissions (et bientôt, parions-le, de sous-commissions), recours à des experts… Celui qui suit d’un regard un peu détaché les mésaventures des « musiques actuelles » (on ne dit plus « rock ») à Lausanne doit se demander comment on en est arrivé là. En réalité, la politique chaotique de la ville de Lausanne dans le domaine trouve son aboutissement logique dans la crise actuelle. Quelque part dans les esprits, le cadavre de la Dolce Vita, club-rock lausannois auquel sont attachés bien des fantasmes, est toujours caché au fond d’un placard. Il serait sain de le sortir et de le regarder en face, même s’il n’exhale pas une odeur agréable. Que ce cadavre soit à ce point présent dans les mémoires de nos politiciens et des acteurs des scènes actuelles dix ans après son décès est bien la preuve que son deuil n’a pas été fait.

Et pour cause. Lors de la crise de croissance majeure de la Dolce Vita en 1995, la Ville de Lausanne a choisi la politique du laisser-faire. Le Service Jeunesse et Loisirs auquel le club était affilié (tout un symbole) n’a pas pris en compte le facteur culturel et s’est résigné à le laisser mourir à petit feu – ce qui arriva. Aucun « docteur », paléontologue ou autre, ne vint se pencher à son chevet. L’immeuble appartenait pourtant à la Municipalité qui subventionnait le lieu à hauteur modeste ; des dizaines de locaux de répétitions étaient gérés pour le compte dudit Service. Mais l’idée qui prévalait alors était que La Dolce Vita était arrivé en bout de course, « s’embourgeoisait » et nécessitait une restructuration. C’était sans doute le cas. Le lieu avait néanmoins une âme, qui fait qu’on y dansait jusqu’à l’aube. La bière coulait à flots. Un musicien arrivant devant la maison de la rue César-Roux 30 s’exclama : « Mais ce sont des toilettes publiques ! » On sut désormais que même les toilettes publiques avaient une âme.

Suite à cette fermeture vécue logiquement comme un échec, face à la demande pressante de nouvelles associations très actives, La Municipalité, échaudée, tergiversa longuement. Pendant ce temps, le cadavre était toujours au fond du placard, prenant des allures de martyre. Des initiatives privées vinrent pallier à la demande (D ! Club, Bleu Lézard, Le Bourg). Lorsque la ville fut enfin prête à réparer sa faute, elle redoubla d’efforts, malheureusement peu coordonnés. Tout en ménageant le canal (plus ou moins) historique de la Dolce Vita qui s’installa finalement au Cinéma Romandie, elle créa de toutes pièces en 2005 les Docks, beau paquebot dont elle célébra l’ouverture avec pompe. On ne risquait pas de les confondre avec des toilettes publiques, ces Docks-là. Fini le laisser-faire ! Que la bière coule à nouveau à flots !

La fête fut de courte durée. Aujourd’hui, la Ville de Lausanne paie le prix fort son inertie passée et son orgueil actuel. En proie aux différents problèmes cités au début, elle vient de mandater un « expert » et espère mettre les différents acteurs autour d’une table, histoire de réguler tout ce remue-ménage auquel Madame Silvia Zamora, directrice des affaires sociales, avoue « ne pas comprendre grand-chose » (24 Heures du 28 octobre). L’aveu, peu glorieux, a au moins le mérite de la clarté. On voit bien poindre là l’espoir d’un règlement « à la Vaudoise » des conflits qu’une politique désordonnée a fait naître. Les débats risquent au contraire d’être plutôt rock’n’roll.

Folk You!

novembre 1, 2006

C’est une devinette qui peut faire rire lors d’une soirée entre amis qui bat de l’aile : c’est un mot en quatre lettres, et tout le monde en fait dans son coin ? Un blog ? Non, du folk.

J’ouvre mon blog

novembre 1, 2006

Bonjour, il était temps de m’y mettre, ce n’est pas la volonté qui manquait mais le temps et l’énergie. Il fallait aussi que je m’habitue à cette langue étrangère qu’est le blog. Mais ça y est. Alors attendez-vous à d’autres informations musicales tout bientôt.

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